Définition du labyrinthe
En anglais, il y a 2 termes pour définir le labyrinthe : “labyrinth” et “maze”.
En français, on les traduit essentiellement par labyrinthe, alors qu’il serait là aussi plus juste de les différencier, car cela porte à confusion. Le dédale serait le mot qui définirait le mieux “Maze”.
Le labyrinthe ne possède qu’un seul chemin sinueux (unicursal) qui mène de l’entrée au centre. Il n’y a ni pièges, ni impasses, contrairement au dédale (multicursal) où l’on peut se perdre dans une multitude de méandres souvent cachés.
Présentation du labyrinthe

La personne qui parcourt le labyrinthe emprunte le même circuit pour aller au centre et en sortir. Le chemin est parfaitement visible, ce qui permet de se recueillir et de se recentrer, sans devoir mobiliser son mental, pour trouver la direction à prendre ou de se méfier d’un piège possible, comme dans un dédale.
Le labyrinthe à 7 circuits est la forme originale la plus ancienne et le modèle le plus courant. On l’appelle aussi le “motif germe” dû à sa simplicité de son motif de départ facile à mémoriser. Le noyau central se dessine en une série de points et de lignes entrecroisées.
Le modèle médiéval à 11 circuits est également très connu, beaucoup utilisé dans les cathédrales comme à Chartres.

L’histoire du labyrinthe
De la préhistoire à la mythologie antique, des représentations médiévales jusqu’à nos jours, on retrouve des tracés labyrinthiques partout dans le monde, même du temps où les humains des différents continents ne pouvaient pas encore communiquer ensemble. Ce sont des motifs très probablement créés dans l’inconscient collectif, et transmis à travers les âges.
Selon les traditions, les croyances et les cultures, la signification et l’utilisation du labyrinthe ont évolué à travers les âges et ses représentations sont variées.
Quelques exemples :
Au temps de la préhistoire, on retrouve la forme labyrinthique sur les parois des cavernes, gravée sur la roche, comme les pétroglyphes, ou sur de l’ivoire, certaines ne comportent que des cercles, d’autres des lignes complexes.

Dans l’antiquité, en Egypte, Hérodote évoque une cité labyrinthique gigantesque, aujourd’hui disparue, le palais d’Amménémès, situé près de la pyramide de Hawara (-1842/-1797) elle même possédant un véritable labyrinthe donnant accès à une chambre funéraire.
En Crète, le palais de Cnossos (-1700), est célèbre pour son architecture complexe évoquant le labyrinthe mythique du Minotaure. C’est aussi l’apparition de la notion de dédale, le labyrinthe devient le chemin où l’on se perd.

Durant l’empire romain, du Portugal à Chypre, de l’Angleterre à l’Afrique du nord, les labyrinthes de mosaïques, servent de décoration et de protection. Ils ornent souvent les sols des thermes, villas et tombeaux symbolisant fréquemment le mythe de thésée et du Minotaure. Ils sont souvent carrés, parfois avec des illustrations au centre.

Les labyrinthes de pierres scandinaves et baltiques sont d’anciens sites sacrés, datant souvent de l’âge de fer ou du Moyen Age, formés de galets disposés en spirales ou méandres. Situés au bord de mer pour protéger notamment les pêcheurs ou servant de lieu de repos pour les âmes.

Sur le continent américain, des tribus amérindiennes ont utilisé ce symbole, notamment les Hopis, en vannerie, poterie et artisanat. Elles mettent en scène le labyrinthe (“Homme dans le labyrinthe” ou l’itoi) symbolisant le parcours de vie sinueux, les choix, la quête de sagesse et la naissance. Il représente la quête de l’équilibre spirituel et physique.

Les géoglyphes de Nazca (-500/600), au Pérou, sont des dessins figuratifs visibles du ciel, comprenant des spirales créés en enlevant les cailloux de surface sombres (oxyde de fer) pour révéler un sol plus clair, que certains considèrent comme des labyrinthes. Ces représentations servaient de chemin de rituels liés à l’eau, à la fertilité et au calendrier astronomique.

En Inde, le labyrinthe que l’on nomme “Chakra-Vyuha”, en référence à l’épopée racontée dans le Mahabharata, est souvent représenté comme une formation de combat en spirale et symbolise un piège complexe à 5 circonvolutions et deux points de virage, utilisé pour encercler les ennemis. Il y a une somptueuse représentation sculptée au temple Hoysaleswara, à Halebid. On le retrouve aussi dans l’architecture des temples, les dessins tantriques et les arts décoratifs comme un symbole de protection ou de méditation.

En Angleterre, la colline de Glastonbury Tor, avec ses terrasses en forme de labyrinthe celtique à sept niveaux, serait reliée à la grande déesse de la Terre Mère. C’est un lieu de culte existant depuis la préhistoire. Au sommet se trouvent aujourd’hui les restes de la tour Saint-Michel (XIIIè siècle) liée à Avalon, lieu de la légende arthurienne.

En Europe, les moines copistes de IXè siècle ont contribué à faire perdurer dans les enluminures et les illustrations l’image du labyrinthe en référence au mythe de Thésée combattant le mal.
Les labyrinthes dans les églises, en Europe, et notamment en France, datent de la période gothique (XIIè-XVè siècles). Ils sont souvent à même le sol, en pierre, pour être parcourus à pied par les pèlerins. Celui de Chartres est sans doute le plus emblématique. Il est le plus reproduit et le plus grand jamais construit.
Au XVIè siècle, on voit l’apparition de labyrinthes végétaux, décoratifs et ludiques.
Au XVIIè siècle, destruction de nombreux labyrinthes d’églises.

Aujourd’hui, le labyrinthe renaît aussi bien dans des lieux privés que publics.
Pour trouver un labyrinthe près de chez vous, vous pouvez aller sur le moteur de recherche “The Labyrinth Locator”.
Qu’il ait un but décoratif, méditatif, thérapeutique, ludique ou spirituel, le labyrinthe est finalement intemporel.
Le labyrinthe, son utilisation
Utilisation contemporaine
Outil ancestral, il a permis de marquer le rythme des saisons et le cycle de la lune, on y a symbolisé des formes en spirale de la nature et du corps humain, représenté le chemin de vie.
Il a honoré la puissance du féminin, il a servi aux rituels païens, il a inspiré des architectes éveillés, il a servi les religions visant la rédemption et l’ascension au ciel, et il a guidé les pèlerins.
Symbole archétypal, il peut être éphémère, gravé dans la roche, sculpté dans le bois, modelé dans la terre, dessiné, végétalisé, composé de mosaïques, tissé, tatoué…à parcourir du bout des doigts ou à fouler des pieds, seul ou en groupe.


L’évidence de son tracé unicursal permet de mettre le mental en retrait, engage le corps et ouvre les perceptions, car le cerveau est libéré de la nécessité à trouver une sortie.
Lauren Artress, fondatrice de Veriditas, révérende et psychologue américaine, contribue fortement depuis les années 90 à réintroduire le labyrinthe comme outil spirituel et thérapeutique dans le monde entier.
Elle dit que le labyrinthe est, entre autres, utilisé comme un chemin de méditation, de prière ou de cérémonie. Il constitue un outil de transformation personnelle, psychologique et spirituelle.
Les labyrinthes évoquent la métaphore, la géométrie sacrée, le pèlerinage spirituel, la pratique religieuse, la pleine conscience, le bien-être et le renforcement des liens communautaires.

Le labyrinthe est comme un guide qui nous éclaire, nous soutient et nous enseigne. Il peut être parcouru pour différentes raisons, que ce soit pour y trouver des réponses, du réconfort, de la clarté, ou pour célébrer.
Le labyrinthe s’avère un outil particulièrement utile, dans cette période de transition collective intense que nous vivons. Il peut nous aider à reprendre notre souveraineté, notre pouvoir créateur et réveiller notre part divine.
Bibliographie
Lauren Artress, Walking a sacred path – Rediscovering the Labyrinth as a Spiritual Pratice
Lauren Artress, The Sacred Path Companion – A guide to Walking the Labyrinth to Heal and Transform
Stéphanie Lafranque, Labyrinthe, le tatouage de la Terre – Un chemin pour se trouver
Jim Buchanan, Labyrinthes pour l’esprit – créer ses propres labyrinthes pour méditer et s’éveiller

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